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A l’église Saint-Laurent, la résurrection de l’orgue

L’orgue de l’église Saint-Laurent à Parthenay a rejoint les ateliers de l’entreprise Béthines-les-Orgues pour être restauré. L’instrument n’en finit pas de révéler ses secrets.

 

L’instant a quelque chose de magique. Sur les tables de l’atelier de l’entreprise Béthines-les-Orgues (86), l’orgue de l’église Saint-Laurent s’étale en pièces détachées. Une merveille de mécanique et de minutie.

Penchés au-dessus des tuyaux en étain, les facteurs d’orgue Jean-Baptiste Boisseau et Jean-Marie Gaborit, accompagnés de Roland Galtier, technicien conseil pour les orgues historiques, apprécient leur dernière trouvaille.

« Nous venons de découvrir que le créateur de l’instrument, Louis Debierre, avait réutilisé les tuyaux d’un orgue réalisé en 1847 ! », confie Jean-Marie Gaborit. Sur un des tuyaux s’affiche, élégamment gravé : « M. Henry facteur d’orgues, Bordeaux, 31 octobre 1847 ».

Une part de mystère

La récupération de pièces d’instruments plus anciens « a déjà été observée chez d’autres orgues », selon Jean-Marie Gaborit. Mais cette découverte ajoute une part de mystère à l’orgue parthenaisien, conçu en 1882.

« Il y a encore des choses qui nous échappent ! », confirme Roland Galtier.

Composé de « 160 et quelques tuyaux en étain et en bois » et de deux claviers, l’instrument parthenaisien est « un peu curieux musicalement. Il servait à l’accompagnement », précise le technicien conseil.

La restitution du son d’origine est un des enjeux de la restauration, tout comme la remise en état de fonctionnement de l’ensemble des pièces.

Un choix audacieux

« L’orgue revient de loin, de très loin… »

Inscrit en 2013 au titre des monuments historiques, l’orgue de l’église Saint-Laurent « présente un réel intérêt historique », tient à souligner Roland Galtier. « Le choix de la restauration est un choix audacieux ! »

Restait à définir son futur emplacement. « A force de mesure, de photos et photo-montages, et avec l’accord des monuments historiques, nous avons décidé qu’il serait installé sur le côté sud de la nef, visible de tous ».

Avant cela, l’orgue va retrouver son état originel entre les mains expertes des facteurs d’orgues de Béthines. Un an de travail est nécessaire pour redonner vie à l’instrument qui, assure Roland Galtier, « revient de loin, de très loin… ».