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« Echilibru » : le talent des étudiants de l’Iffcam à l’écran

Les étudiants de la 12e promotion de l’Institut de cinéma animalier de Ménigoute ont présenté leur film « Echilibru, dans la peau de l’ours », en avant-première au Festival international du film ornithologique. Rencontre avec Alexandre Talpe, producteur, et Jérôme Fatalot, réalisateur.

Quel est le sujet du film « Echilibru » ?

Le film se déroule en Roumanie, où vit la plus grande population d’ours d’Europe. Il invite à interroger les rapports entre l’homme et cet animal, la recherche d’équilibre entre leurs territoires qui finissent par se confondre. C’est pourquoi « Echilibru » veut montrer qu’il est encore temps de trouver cette bonne harmonie.

Ménigoute… La Roumanie… Ce n’est pas à côté ! Comment se fait le choix pour le lieu de tournage ?

A l’Iffcam, réaliser un film à la fin du cursus est une tradition. Le projet est donc porté par l’association Les Amis de l’Iffcam, qui regroupe des étudiants (actuels ou anciens) de l’école. On nous met directement dans le bain, dès notre entrée à l’institut. Nous savons que nous avons ce projet qui va se dérouler sur trois ans, entre les premières discussions et la projection finale au FIFO. Le lieu du tournage, ainsi que le scénario se dessinent petit à petit, au fil des discussions. Finalement, nous sommes tous tombés d’accord pour la Roumanie.

Combien de temps a duré le tournage ?

Quatre mois en tout. Nous nous sommes rendus sur place deux semaines pour les repérages en novembre. Puis, nous avons tourné pendant trois mois. Deux équipes se sont relayées sur place.

Est-ce que vous avez dû adapter votre scénario ?

Au départ, nous avions prévu filmer tous les grands prédateurs : le loup, le lynx, l’ours. Mais c’était sûrement utopique. Nous filmons des animaux sauvages. On ne peut donc pas les contrôler. Ça fait partie du jeu. Nous avons finalement décidé de nous recentrer sur l’ours qui est très ancré dans l’imaginaire populaire en Roumanie et qui est plus simple à filmer !

« Nous filmons des animaux sauvages. Nous ne pouvons pas les contrôler. »

Y a-t-il une scène qui vous a donné plus de difficulté ?

La scène où on voit un ours sortir de son territoire habituel pour s’aventurer dans une ville, dans un monde qui n’est pas le sien. Nous savions que l’ours venait de temps en temps, il y avait des traces de son passage. Nous avons donc attendu des nuits et des nuits sans le voir. Ce n’est que lorsque nous sommes retournés en Roumanie pour tourner les dernières séquences que nous avons eu la chance de pouvoir le filmer ! Cette rencontre, ce moment fait complètement oublier l’attente !

Quel regard portez-vous sur l’Iffcam, où est né le projet du film ?

L’école a impact fort sur le territoire. Quand on regarde tout ce que l’association Les Amis de l’Iffcam réalise avec les acteurs locaux, c’est incroyable. Mais surtout, l’école est reconnue dans le milieu professionnel du cinéma animalier. Cette année, dans les films en compétition au FIFO, il y en a une dizaine qui ont été réalisés par d’anciens étudiants de l’Iffcam. Cela montre la qualité de cette formation ! A l’Iffcam, on développe une pensée originale. On nous incite à penser et réaliser des films d’auteurs. C’est une école unique en son genre et très prestigieuse.